Marché du travail

Réforme de l'assurance-chômage : qui est vraiment touché ?

Le nouveau barème d'indemnisation entre en vigueur cet automne. Voici ce que les simulations disponibles révèlent.

Demandeur d'emploi consultant des documents dans un bureau public, lumière ambre à travers une vitre dépolie

La réforme de l'assurance-chômage qui prend effet cet automne modifie deux paramètres centraux : la durée d'indemnisation et le mode de calcul du salaire journalier de référence. Pour comprendre qui est affecté, il faut partir des données Unédic. Selon le rapport d'impact publié en mai par l'organisme paritaire, environ 1,15 million de demandeurs d'emploi verront leur durée d'indemnisation réduite d'une façon ou d'une autre. Le profil le plus touché est celui des travailleurs à contrats courts — intérim, CDD inférieurs à six mois — qui alternent emploi et chômage de façon cyclique. Pour eux, le nouveau calcul du salaire journalier de référence intègre les périodes non travaillées dans la fenêtre de calcul, ce qui abaisse mécaniquement la base de l'indemnité. Concrètement, un intermittent du commerce perdrait en moyenne 12 % de son indemnité mensuelle selon les simulations Unédic. Un cadre en recherche d'emploi après un CDI long n'est, lui, quasiment pas affecté : sa durée d'indemnisation maximale reste identique et son salaire de référence est calculé sur une période sans interruption.

Quels recours existent pour les personnes concernées ? Premièrement, le droit à l'accompagnement renforcé via France Travail (ex-Pôle emploi) reste inchangé : chaque demandeur d'emploi peut demander un bilan de compétences financé. Deuxièmement, le complément de formation professionnelle via le Compte Personnel de Formation (CPF) peut partiellement compenser la réduction de revenus pendant la période d'indemnisation réduite. Troisièmement, certaines conventions collectives sectorielles prévoient des dispositifs de maintien de salaire complémentaires — il faut vérifier sa propre convention collective. Ce que cette réforme ne modifie pas : les conditions d'ouverture des droits (avoir travaillé au moins six mois sur les vingt-quatre derniers), le régime des intermittents du spectacle (couvert par une annexe spécifique), et les droits rechargeables acquis avant l'entrée en vigueur. L'impact net sur les finances publiques est estimé par le gouvernement à 3,6 milliards d'euros d'économies sur deux ans — une estimation que l'Unédic elle-même juge optimiste au regard de la sensibilité du modèle aux hypothèses de reprise d'emploi.